C'est un peu fou, d'un certain côté, de se dire à quel point notre point de vue et nos sensations peuvent changer du tout au tout, du jour au lendemain. D'un article à l'autre. J'ai maintenant envie de crier des choses si belles, aller sous la pluie et la grisaille de ce terne début juin, observer ce que font mes voisins à travers les carreaux, retourner voir ceux qui ont partagé beaucoup de choses avec moi pendant un an. Dire ce que je veux à qui je veux. Envoyer des tonnes de messages, des messages où je crierais la vérité, qu'elle soit belle ou non. J'ai envie de regarder tous les films que je projette de visionner, de lire des centaines de romans à la fois, commençant tout d'abord par ceux qui attendent sur mon étagère. J'ai envie de voir des concerts, d'attendre dans la queue et me dire que, décidémment, il y a bien trop de monde devant moi. Nous. J'ai tellement besoin de profiter de tout ça, avec mes "même-pas-seize-ans", avec ma naïveté et mon mutisme. Avec tout ce que je peux ressortir de mes entrailles, avec la passion et l'amour que je porte pour toi depuis... Depuis que j'ai réalisé ô combien ça mouvait en moi quand je te parlais, quand j'entendais l'avertissement de l'ordinateur signifant que j'avais reçu un mail, quand tout ça, tu sais. J'ai hâte de faire toutes les choses prévues, boire un café sous la pluie, aller faire mon stage aux musées qui commence lundi, manger japonais dans le parc, faire la fête, glisser des "je t'aime", serrer, fort, fort. Des milliers, des dizaines de milliers d'idées fusent dans mon esprit à cet instant précis. Je ne sais plus où donner de la tête. Et l'avenir qui frappe à la porte, qui arrive à grand pas, les espoirs, et ce que l'on peut appréhender d'une certaine manière. La vie.