De quoi avons-nous l'air ?
Je me sens vide, vide et sans idées, sans pensées, neutre. Je me dis : non, arrête, le temps passe vite, l'amour est là, il t'attend, julien, chut. Mais non. Une autre force se bat dans mon esprit, et me pousse à nier ce que j'ai auparavant dit : l'attente, c'est nul.
C'est trop loin, trop loin, trop dur.
Alors, je me mets à rêver, la nuit, ou bien même
le jour. Entre 15h35 et 16h30, je me perds, et je me brouille complètement. Puis ça sonne, et ça monte en même temps. Je me dis qu'il y a une semaine tout pile, j'étais en plein bonheur, que mon seul souci était de me dire : qu'allons-nous faire aujourd'hui ? J'avais des centaines, des milliers, des millions, de papillons qui volaient dans mon ventre. J'en ressortais parfois (même souvent) par la bouche, puis sur les lèvres, furtivement.
Vois ce que je perd, en sang et en eau.
J'attend. J'ATTENDS. C'est dur, bien trop dur. J'attends que le compte à rebours affiche J moins
10, puis J moins une semaine, puis J moins 4, puis
J moins un, puis J tout court. Et là seulement je
pourrai me dire : c'est bon. C'est bon.
Pourquoi viens-tu si tard ?
Photo : l'(an)amour.



