Qui nous guette

Qui nous guette
Les gens sont tous nois ou gris. Avec des choses sombres, ou non, dans les oreilles. Automates ils avancent dans la foule qui grouille. Il y en a de partout, en haut des escaliers, dans les couloirs, au portail, assis sur les bancs, dans le hall, en bas des escaliers, dans les toilettes, cachés. Ils ont tous les yeux ternes et inertes. Comme si l'on avait pris une photo avec un appareil argentique en sautant. Tout est flou, terne mais il y a quand même quelque chose. Des sourcils qui se mélangent avec les yeux et des bouches avec les nez pour ne plus pouvoir percevoir quelque chose. Les visages aux contours barbouillés ne nous disent plus rien. On essaye de rafistoler, de recoudre, de remettre en place, mais non, rien. Rien. Toujours rien.
# Posté le mercredi 03 octobre 2007 15:00
Modifié le mercredi 03 octobre 2007 16:26

Il avait l'iris qui augmentait avec le son

Il avait l'iris qui augmentait avec le son

« Soul pleureur. »


Alors on est déçu, littéralement, par les gens, par leur stupidité, par tout. Je me déplace, le corps chancelant, ankylosé par la fatigue et les cinq kilogs que je porte péniblement. Il faut rajouter de sombres idiots au coin des couloirs de ce foutu labyrinthe pour être encore plus dégoûté. Les remarques fusent, incessants crachats de venin, sur tout et n'importe quoi. Les serpents ne daigneront donc pas se calmer. L'insulte facile au bout de leur crochet, il est aisé d'imposer la loi du plus fort. Mais celle du Talion ne m'aura sûrement pas. Il faut continuer son chemin la tête haute, à la limite du sifflement, jouer le "qui me parle ?" et se taire. Il y a des jours où on se dit que oui, les préjugés, c'est n'importe quoi. Il y a des personnes qu'on jugerait "sympas" au premier abord, et qui s'avèrent bien décevantes. Et d'autres bien plus éloignées de nos habituels rapports, qui se révèlent plus qu'attachantes. Il faut sortir de la spirale dans laquelle nous nous sommes gentiment lovés. Le loup a bien pu se cacher sous les vêtements de la grand-mère. Alors on est déçu. Oui, littéralement.
# Posté le lundi 01 octobre 2007 13:44
Modifié le samedi 10 novembre 2007 04:54

Ensemble, c'est tout

Ensemble, c'est tout
Il joua à un petit jeu : imagine que tu viens de rentrer dans cette Lavomatic pourrie de l'avenue de La Bourdonnais un 29 décembre à cinq heures de l'après-midi et que tu aperçois cette sihouette pour la première fois de ta vie, qu'est-ce que tu te dirais ?

Il se cala dans son siège en plastique, enfonça ses mains dans son blouson et plissa ses yeux.

D'abord, tu penserais que c'est un mec. Comma la première fois. Peut-être pas une folle, mais un type vachement efféminé quand même... Donc t'arrêterais de mater. Quoique... Tu aurais des doutes malgré tout... A cause de ses mains, de son cou, de cette façon qu'il avait de promener son ongle sur sa lèvre inférieure... Oui, tu hésiterais... C'était peut-être une fille finalement ? Une fille habillée en sac. Comme si elle cherchait à cacher son corps ? Tu essayerais de regarder ailleurs mais tu ne pourrais pas t'empêcher d'y revenir. Parce qu'il y avait un truc, là... L'air spécial autour de cette personne. Ou la lumière peut-être ?
Voilà. C'etait ça.
Si tu venais d'entrer dans cette Lavomatic pourrie de l'avenue de La Bourdonnais un 29 décembre à cinq heure de l'après-midi et que tu apercevais cette silhouette sous la lumière triste des néons, tu te dirais exactement ceci : ben merde... Un ange...
# Posté le dimanche 23 septembre 2007 07:45
Modifié le samedi 10 novembre 2007 04:54

J'aime pas les choses spécialement utiles

J'aime pas les choses spécialement utiles
_Weeping rock, rock.

Quand les canards meurent, il y
a du sang sur la blanche neige. Il faudrait que tout le monde ait vu au moins une fois du sang bien chaud sur de la neige bien froide, bien poudreuse. Les sillons du liquide fumant. Alors on avance jusqu'au portail vert après avoir passé devant les assis et on observe. Il y a de jolis nuages de fumée en suspension, ça fait comme plein de geysers dans les bouches des gens. On est là, autour de ceux habillés en noir qui fument des cigarettes noires, ceux qui sont là pour rien, et les autres. On se demande lequel d'entre eux pourrait le plus nous ressembler. Nous compléter. C'est pas facile de se faire une place dans un endroit tout nouveau et pas forcément beau. Alors des fois on s'assoit dans l'herbe, il fait calme, ça sent beau, et on regarde autour de soi.
# Posté le mardi 18 septembre 2007 11:51
Modifié le vendredi 21 septembre 2007 01:49

C'est un rêveur, complètement déconnecté de la réalité

C'est un rêveur, complètement déconnecté de la réalité
Pauline Croze sort un nouvel album le douze novembre, un jour avant mon anniversaire, et ce n'est pas qu'un bruit qui court... Ca me rappele le 15 mars d'il y a un an et demi, quand j'étais allé la voir avec Marion. On mangeait des loukhoums en cachette parce qu'on avait pas le droit de manger des loukhoums dans le théâtre. Et à côté de nous il y avait des gens qui bougeaient pas, et Pauline disait qu'il fallait danser alors on s'est levé et on est allé devant la scène et on a dansé. Ca me fait penser à pleins de choses quand je fais tel ou tel truc. Je crois que le temps passe bien trop vite devant nous, et qu'à l'allure ou il file, on le voit même pas passer.
# Posté le samedi 15 septembre 2007 11:11
Modifié le lundi 17 septembre 2007 13:22