Il y a un moment où j'ai failli tout arrêter, encore une fois, laisser tomber tout ceci comme un vulgaire bout de chiffon. Je me suis dit qu'avec le peu de temps qu'il me resterai, qu'avec tout ce qui pourrait arriver, non, je ne pouvais pas continuer. Mais en fait, je ne peux pas vraiment m'en passer. Ce n'est pas gérable, c'est comme ça, que je le veuille ou non. J'ai besoin de ces mots, de cet endroit pour m'exprimer. Je suis peut-être trop inverti pour me déballer devant tout le monde, me dévoiler. Peut-être trop pudique de ce que je fais ou de ce que je suis. Il ne faut pas s'habituer et se plier aux désirs de certaines personnes, il faut les laisser nous accepter. Malgré tout ce qui peut en découdre. Alors maintenant, ça y est, "le train est en marche". Six heures trente, lever, manger, plus ou moins, laver, habiller, partir, froid, bus, monde, monde, encore du monde, classe, cours, etc. Tout ne peut pas être facile, on ne peut pas déshabiller notre vie comme on pousserait une bretelle d'un dos nu. Il y a des creux et des bosses sur cette épaisse peau qu'est la vie. Il faut pouvoir s'apprêter à affronter tous les obstacles, je pense, pour pouvoir réussir. Ne serait-ce qu'un brin de ce qu'on aimerait qu'il nous arrive.
Photo : Carla van de Puttelaar.



